Portrait d'activiste :

Yvon Godefroid, l'homme droit dans ses nageoires

A l'heure où les sites internet de protection animale sont légion, il n'est que justice de revenir sur l'histoire du tout premier site francophone de défense des cétacés captifs qui marquera à jamais le début d'une prise de conscience numérique. Mis en place par Yvon Godefroid, il sera suivi par beaucoup d'autres dans de nombreux pays, participant ainsi à la défense des prisonniers des bassins.

Yvon Godefroid, journaliste, auteur de livres, passionné de dauphins depuis l'adolescence (là encore grâce à deux ouvrages qui ont marqué sa vie, Dauphin mon cousin de Robert Stenuit et Un animal doué de raison de Robert Merle), commence à militer suite à sa rencontre avec Ivo et Iris. Ces deux dauphins sont captifs du delphinarium d'Anvers.

La première visite d'Yvon et de son fils dans ce bassin, en 1982, marquera le début de leur combat commun pour sortir de cette prison Ivo et Iris, tout juste arrivés en Belgique après avoir été capturés dans le Golfe du Mexique.

Un premier site, « Les beaux dauphins d'Anvers », est alors créé, reprenant principalement des dessins des cétacés du zoo d'Anvers qui mouraient les uns après les autres, faute de conditions de vie satisfaisantes. 

En 1997, le site internet que nous connaissons aujourd'hui, « Dauphins libres », trouve enfin son nom et sa cause, et participe à l'organisation de la première manifestation devant le zoo d'Anvers en 1998. Et pour marquer le coup, Yvon Godefroid ne fait alors pas les choses à moitié: il s'entoure de Ric O'Barry (Dolphin Project) et Alan Cooper.

Le réseau Cetacean Freedom Network se joint ensuite à la campagne « Sauvez Iris et Ivo ». Grâce à toute l'énergie dépensée par Yvon, le zoo d'Anvers ferme définitivement les portes de son delphinarium en 1999.

Mais loin de retrouver la liberté, Ivo et Iris sont déplacés en Allemagne. Iris y mourra de désespoir en 2003, après une lente agonie qui sera longuement documentée, mais ne permettra pas pour autant de la sauver.

Iris après son transfert à Duisburg
(source: Dauphins Libres)

Après deux ouvrages destinés à éveiller les consciences sur la captivité des cétacés, Liberté pour les dauphins et Ceci n'est pas un dauphin, il coorganise la première manifestation devant le delphinarium de Bruges en 2004, et continue à militer en étant responsable de trois grandes manifestations à Bruxelles pour éradiquer les delphinariums de l'Europe.

"Ils ont pris ces dauphins dans la mer. Ils les ont fait se reproduire dans des conditions obscènes. Eh bien, c'est à eux de payer maintenant pour les remettre dans un endroit correct et où ils puissent terminer leurs vieux jours avec la mer, le vent, les vagues et les mouettes." 

(déclaration après avoir été expulsé du delphinarium de Bruges en 2015)

Tout au long de sa vie, Yvon a consacré son temps et son énergie à la protection des animaux, quels qu'ils soient. Il parlait toujours avec beaucoup d'amour et d'émotion de ses chiens et chats disparus, et n'hésitait pas à tendre la main à ceux qui en avaient besoin, dauphins ou non...

Que peut-on rajouter pour finir le portrait de cet homme impliqué, toujours juste, devenu au fil du temps une mine d'informations intarissable sur les cétacés ? 

Parlons un peu de lui simplement, et pas uniquement de ses nombreuses et importantes actions. Yvon était un homme droit comme on en rencontre trop peu, dénué de la moindre envie de rapporter ses victoires à lui-même, il aimait simplement se réjouir des avancées pour les causes qu'il défendait. Fier de son fils, il était heureux de partager avec lui les mêmes passions. Toujours prompt à aider ses interlocuteurs à mieux comprendre les cétacés, sans jugement, il se payait même le luxe de s'inquiéter pour les autres. Je me rappelle du dernier échange que nous avons eu où il me confiait  « Je m'inquiète pour John » (John Hargrove, un ex-dresseur), alors même que quelques jours plus tard il décédait... Cela résume parfaitement Yvon, un homme altruiste, passionné et entièrement dévoué aux cétacés et à ses défenseurs.

Collaboration avec Jean-Michel Stasse et Wolf Eyes :

 

La rencontre entre les deux activistes se fit suite à une plainte contre « Monde Sauvage » en 2010. Les associations de l'époque n'avaient pas suivi Jean-Michel Stasse qui se retrouvait seul à poursuivre ce parc pour maltraitance envers les animaux. Yvon Godefroid, qui connaissait parfaitement bien le problème, n'a alors pas hésité à soutenir la cause et de cette solidarité d’activistes naquit une belle amitié...
 

Habitués à se serrer les coudes lors des manifestations, les deux hommes devinrent des camarades et des amis, passionnés par cette même cause: défendre les animaux captifs et œuvrer pour un monde où personne n'aurait à vivre derrière des barreaux sans le mériter. Ils aimaient donc à se retrouver autour d'une bière pour refaire le monde et tenter petit à petit à le rendre meilleur.
 

Tracassé par de nombreux soucis, le projet écoles de Wolf Eyes avait redonné du baume au cœur d'Yvon, qui s'est retrouvé complètement impliqué dans cette idée.

Pour Jean-Michel Stasse, la perte d'Yvon est non seulement synonyme de la perte d'un activiste au grand cœur mais aussi d'un ami très cher.

Christine Ringuet

Découvrez le site « Dauphins libres », une vraie mine d'informations sur les actions d'Yvon, sur les cétacés et sur la lutte anti-delphinariums : https://www.dauphinlibre.be/

Suivez aussi le mouvement sur la page Facebook « Dauphins libres et dauphins captifs » :  https://www.facebook.com/Dauphinslibres

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