Argumentaire Anti-zoo

Peut-on encore aller au zoo ?

 

La mort du gorille Harambe, abattu en 2016 au zoo de Cincinnati a déclenché un tollé général et suscité l’un des débats les plus féroces à propos du bien-être animal. Actuellement la question est plus que toujours d’actualité. En effet, les défenseurs des droits animaliers mènent un combat sans relâche car chaque semaine ce sont de nouveaux cas qui marquent la toile : un tigre laissé sans soin, un ours polaire rêvant désespérément à de grands espaces, des requins se dévorant entre eux… La liste est malheureusement trop longue.

Malgré tout, les zoos ne désemplissent pas. Ils continuent de fonctionner et d’accueillir du monde. Leur business prend d’autant plus d’ampleur que la biodiversité s’écroule. Pourtant le spectacle d’animaux tristes, éteints et enfermés à vie devraient en faire fuir plus d’un. C’est sans compter sur les arguments développés par les zoos pour justifier leur existence. Alors faut-il les écouter et continuer de fréquenter ce genre d’endroit ?

Espace trop restreint ?

Dans leur milieu naturel, les animaux peuvent parcourir des centaines de kilomètres. Ils le font pour rechercher leur nourriture, explorer, avoir des relations sociales mais également jouer. Les adultes ont aussi besoin de beaucoup d’espaces pour élever leurs petits et leurs instaurer certains codes comportementaux que ce soit pour la chasse ou tout autre échange social. Ces manquements comportementaux ne permettent donc pas un retour éventuel dans leur milieu naturel.

Dans les zoos, leur vie est restreinte entre quatre murs. Ce confinement et l’absence de stimulation génèrent souvent un comportement anormal voire autodestructeur. Ces attitudes déviantes sont connues sous le nom « stéréotypies ». Elles sont des comportements de substitution à l’ennui ou la frustration.

Chaque attitude peut être propre à certains animaux comme le balancement de l’éléphant. Tourner en rond, faire des allers-retours, l’apathie, le léchage compulsif et s’automutiler font aussi parties des autres tocs développés chez les captifs. Il n’est pas rare que les soigneurs de zoos leur donnent des antidépresseurs pour tenter de dissimuler leur détresse.

 « Une espèce hors de son espace n’est qu’une ombre, car toute la morphologie et le comportement de l’animal sont adaptés à son milieu. Un lion à qui on livre des kilos de viande de supermarché dans la brouette d’un zoo n’a rien à voir avec le lion à l’affût de sa proie dans la savane africaine », Franck Schrafstetter, président de Code animal, pour le journal Le Monde.

Manquements au bien-être animal

Il n’y a pas que des problèmes territoriaux dans les zoos, Régulièrement, on découvre des cas de négligences. Enclos désertiques et crasseux, eau stagnante, … Voilà dans quoi certains doivent parfois vivre ou plutôt survivre.  On compte également de nombreux cas de pensionnaires désespérés essayant de s’enfuir. Ces vaines tentatives se finissent souvent en issues tragiques. Les exemples sont légions dans la presse.

Consanguinité et dérive génétique

Espace restreint, absence de compétition sélective, sexuelle ou alimentaire, une dérive génétique s’installe. Même si elle ne modifie pas le code génétique, elle rend pourtant les espèces captives inaptes à retourner dans leur environnement naturel. Comme dit précédemment, les espèces ne peuvent pas développer leur comportement d’apprentissage. A cela, s’ajoute un problème de consanguinité. En effet, les animaux n’ont pas la possibilité de se reproduire avec d’autres partenaires de différents clans. 

L’argument de la préservation de l’espèce

En avril 2012, une enquête de la Born Free Foundation fut présentée au Parlement européen. Ce rapport montrait qu’une majorité de zoos d’Europe manquaient à leurs obligations légales tant pour la conservation des espèces et l’éducation du public que pour le bien-être des animaux.

On en vient tous à la même conclusion : pourquoi consacrer tant d’efforts à ces soit- disant projets de conservation alors qu’il suffirait, pour sauver ces espèces, de savoir préserver leurs espaces naturels ?

Les pro zoo avancent l'argument que les zoos permettent de protéger les animaux des risques de leur milieu sauvage en les préservant des prédateurs ou du braconnage. Pourtant si l’on tient compte de l'espérance de vie d'un animal de zoo, celle-ci est parfois plus faible que celle du même animal dans son milieu naturel. Tout dépend de l’espèce.

Une étude de 2008 de sciencemag.org montre que les éléphants, vivant en captivité, détiennent une espérance de vie 2 fois inférieure à ceux vivant à l'état sauvage. Même si le braconnage est bien présent.

Du côté des primates c’est le contraire, les orang-outan en captivité vivent en moyenne 4 à 9 ans de plus que dans leur milieu naturel. Ce n’est pourtant pas un gage de qualité de vie… Dans leurs enclos, ils n’ont pas de prédateurs ni de braconniers, mais ls n’ont pas non plus l’espace nécessaire ni les stimulations naturelles. Vaut-il mieux vivre 20 ans enfermé et malheureux ou 10 ans libre en profitant chaque seconde de son milieu naturel ? Saviez-vous que beaucoup d’animaux meurent avant leur première année au zoo ? Ils ne s’adaptent simplement pas à leur environnement artificiel (enclos exigus, stress, maladie, ennuis...).

De plus, selon l’International Zoo Year Book (forum mondial d’informations sur le rôle des zoos), les réintroductions illustrent l’échec de la politique de conservation des zoos. Cet échec se décline en 4 points :

•          Les espèces les plus vulnérables ou en voie de disparition sont sous-représentées dans les zoos. Elles sont considérées comme moins « vendeuses »

•          Les espèces classiques ou à « succès » comme les tigres ou les ours polaires ne font l’objet d’aucune mesure de réintroduction ;

•          Quelques réintroductions ont réussi. Ce sont des espèces domestiquées ou semi-domestiquées (le cheval de Przewalski, l’oryx d’Arabie, le bison d’Europe…)

•          Certaines espèces sauvages qui ont réintroduites n’ont pas survécu. La réintroduction est souvent un échec. 

Site : Dauphins libres

Même dans les meilleures conditions possibles, dans le meilleur des zoos une vie en captivité n’est tout simplement pas une vie digne pour les animaux sauvages. Imaginez-vous enfermé 24h/24 ne pouvant choisir ce que vous souhaitez manger qui vous souhaiter voir. Vous êtes l’attraction principale d’une foule curieuse aimant vous observer manger ou dormir. Dormir devient d’ailleurs votre activité principale car vous n’avez rien d’autre pour vous occuper… Cela ne vous fait-il pas penser à de la prison ? Combien de temps pourriez-vous tenir ?

Pour avoir une approche beaucoup plus complète sûr ces prisons, nous vous conseillons l'excellent livre de Derrick Jensen !

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